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Ménopause : ajuster son alimentation face aux changements hormonaux

Photo illustrative nutrition 4

À retenir : La baisse des œstrogènes à la ménopause modifie la répartition des graisses, accélère la perte osseuse et augmente le risque cardiovasculaire, ce qui justifie une attention particulière au calcium, à la vitamine D, aux protéines et à la qualité des graisses. Ces ajustements alimentaires accompagnent utilement cette transition mais ne remplacent ni le suivi gynécologique régulier ni, le cas échéant, la discussion avec un médecin sur un éventuel traitement hormonal ou d’autres options thérapeutiques.

Ce qui change avec la ménopause

La ménopause, marquée par l’arrêt des règles et la chute des œstrogènes, s’accompagne de changements physiologiques qui rendent certains ajustements alimentaires particulièrement pertinents. La perte osseuse s’accélère nettement dans les premières années suivant la ménopause, le métabolisme de base tend à diminuer légèrement, la répartition des graisses corporelles évolue souvent vers un stockage plus abdominal, et le risque cardiovasculaire, jusque-là partiellement protégé par les œstrogènes, tend à se rapprocher de celui des hommes du même âge. Ces évolutions sont progressives et varient beaucoup d’une femme à l’autre en intensité et en calendrier, ce qui explique que les recommandations générales doivent toujours être adaptées individuellement, en lien avec le professionnel de santé qui assure le suivi gynécologique.

Ces changements s’inscrivent aussi dans une évolution plus large des besoins nutritionnels avec l’âge, qui ne se limite pas à la seule période de la ménopause mais se poursuit dans les décennies suivantes. L’âge moyen de la ménopause naturelle se situe autour de 51 ans en France, mais la période qui la précède, la préménopause, s’accompagne déjà de fluctuations hormonales et parfois de premiers symptômes (cycles irréguliers, troubles du sommeil, variations d’humeur) qui peuvent bénéficier des mêmes types d’ajustements alimentaires présentés ici, sans attendre l’arrêt complet des règles.

Il est également utile de rappeler que la ménopause elle-même n’est pas une maladie mais une étape physiologique normale de la vie, même si certains de ses effets biologiques justifient une vigilance accrue sur le plan nutritionnel et médical. Cette distinction permet d’aborder la période avec plus de sérénité, sans pour autant négliger les ajustements utiles.

Préserver le capital osseux : calcium et vitamine D

La chute des œstrogènes accélère la résorption osseuse, ce qui explique le risque accru d’ostéoporose après la ménopause. Le calcium, dont les besoins sont légèrement augmentés à cette période selon l’Anses, doit être apporté par une alimentation variée (produits laitiers, mais aussi eaux minérales calciques, légumes à feuilles vertes, légumineuses et certains fruits secs), sans que cela nécessite systématiquement une supplémentation en dehors d’une carence avérée. Les repères par âge et les sources au-delà des produits laitiers sont détaillés dans Calcium : besoins selon l’âge, sources au-delà des produits laitiers et rôle de la vitamine D.

La vitamine D, indispensable à l’absorption intestinale du calcium, est très souvent insuffisante dans la population française selon les données de Santé publique France, en particulier en hiver ; son évaluation et une éventuelle supplémentation adaptée doivent être discutées avec un médecin, notamment en cas de risque accru d’ostéoporose. Le sujet est développé dans Vitamine D : carences fréquentes, sources alimentaires et rôle sur les os et l’immunité. Une activité physique régulière avec mise en charge (marche, renforcement musculaire) complète efficacement ces apports pour préserver la densité osseuse, comme le détaille Activité physique et alimentation : ajuster selon son niveau.

Un dépistage de l’ostéoporose par ostéodensitométrie peut être proposé par le médecin selon les facteurs de risque individuels (antécédents familiaux, corpulence, ménopause précoce, certains traitements) : ce bilan, quand il est indiqué, permet d’objectiver le risque réel plutôt que de se fier à des repères généraux qui ne s’appliquent pas de la même façon à toutes les femmes. La vitamine K, présente notamment dans les légumes à feuilles vertes, joue également un rôle dans la fixation du calcium sur l’os et mérite une place régulière dans l’assiette, aux côtés du calcium et de la vitamine D.

Ménopause : ajuster son alimentation face aux changements hormonaux

Poids, métabolisme et masse musculaire

La tendance à la prise de poids ou à la redistribution des graisses vers l’abdomen observée chez de nombreuses femmes autour de la ménopause s’explique par la combinaison de la baisse hormonale, d’une diminution progressive de la masse musculaire liée à l’âge (sarcopénie) et parfois d’une activité physique qui se réduit. Un apport suffisant en protéines à chaque repas aide à préserver la masse musculaire, elle-même déterminante pour le métabolisme de base ; les repères sont détaillés dans Protéines : de quoi a-t-on vraiment besoin ?. Associée à une activité physique incluant du renforcement musculaire, cette stratégie est plus efficace pour préserver la composition corporelle qu’une simple restriction calorique, qui risque au contraire d’accentuer la perte musculaire.

Il est utile de rappeler que la prise de poids observée à la ménopause n’est pas une fatalité universelle, ni uniquement le fait de l’alimentation : elle résulte d’un ensemble de facteurs qui varient d’une femme à l’autre, et se focaliser uniquement sur la restriction calorique, sans tenir compte de la préservation musculaire, est une stratégie qui montre ses limites à cet âge en particulier.

Le sommeil, souvent perturbé à cette période par les bouffées de chaleur nocturnes, joue également un rôle sur la régulation du poids et de l’appétit : en parler avec un médecin lorsque les troubles du sommeil sont marqués peut donc avoir un effet positif indirect sur la gestion du poids, en plus du bénéfice sur la qualité de vie au quotidien.

Protéger le cœur et les artères

Le risque cardiovasculaire augmentant après la ménopause, les mesures alimentaires protectrices pour le cœur prennent une importance particulière à cette période : privilégier les bonnes graisses (huile d’olive, oléagineux, poissons gras riches en oméga-3) au détriment des graisses saturées en excès, comme le détaille Les bonnes graisses : huile d’olive, oméga-3 et santé cardiovasculaire, et surveiller les apports en sel, souvent trop élevés du fait des aliments transformés, comme l’explique Sel et sodium : repères, sources cachées et pistes pour réduire sans perdre en goût. Le régime méditerranéen, largement étudié pour ses effets cardiovasculaires positifs, constitue un cadre alimentaire cohérent pour cette période de la vie, présenté dans Le régime méditerranéen expliqué simplement : ce que disent vraiment les études. Un suivi régulier du profil lipidique et de la tension artérielle avec le médecin permet, à cette période, de mesurer objectivement l’évolution du risque cardiovasculaire et d’ajuster la prise en charge si nécessaire, l’alimentation seule ne pouvant compenser un risque élevé chez certaines femmes.

Ménopause : ajuster son alimentation face aux changements hormonaux

Phytoestrogènes et bouffées de chaleur : une piste à nuancer

Les phytoestrogènes, présents notamment dans le soja et ses dérivés, ont une structure qui leur permet de se lier faiblement aux récepteurs des œstrogènes, ce qui a conduit à étudier leur effet sur les bouffées de chaleur et autres symptômes de la ménopause. Les résultats des essais cliniques sont hétérogènes : certaines études montrent une réduction modeste des bouffées de chaleur chez certaines femmes, d’autres ne trouvent pas de différence significative par rapport à un placebo, et l’effet, quand il existe, reste généralement plus faible que celui d’un traitement hormonal. Il n’y a pas non plus d’argument solide pour déconseiller une consommation raisonnable et régulière de soja sous forme d’aliments (tofu, tempeh, edamame), qui s’intègre par ailleurs bien dans une alimentation équilibrée riche en protéines végétales. En cas de symptômes gênants (bouffées de chaleur, troubles du sommeil, sécheresse), il est pertinent d’en discuter avec un médecin ou un gynécologue, qui pourra évaluer l’intérêt d’un traitement hormonal de la ménopause ou d’autres approches adaptées à la situation individuelle, l’alimentation ne pouvant à elle seule résoudre des symptômes marqués.

D’autres facteurs alimentaires sont parfois cités par les femmes comme influençant l’intensité de leurs bouffées de chaleur, notamment l’alcool, les plats très épicés ou la caféine, sans que ce lien ait fait l’objet d’une démonstration scientifique aussi robuste que pour d’autres domaines de la nutrition ; il reste néanmoins pertinent d’observer ses propres réactions individuelles, qui peuvent varier sensiblement d’une femme à l’autre, et d’ajuster ses habitudes en conséquence si un lien personnel est repéré.

Sources et références

  • Anses, Actualisation des repères du PNNS, calcium et vitamine D chez la femme après 50 ans, 2016
  • Collège National des Gynécologues et Obstétriciens Français (CNGOF), recommandations sur la prise en charge de la ménopause
  • Santé publique France, étude Esteban, statut en vitamine D dans la population française, 2017
  • Harvard T.H. Chan School of Public Health, The Nutrition Source, « Menopause » et « Soy »
  • Organisation mondiale de la santé, données sur l’ostéoporose et l’activité physique chez la femme ménopausée

Ces informations générales ne remplacent pas une consultation auprès d’un professionnel de santé.

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